La première semaine de l'année restera marquée du sceau de la justice. Avec l'accouchement de la garde des sceaux et son retour express place Vendôme, preuve absolue de la pipolisation de la
politique, et, surtout, avec la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer les juges d'instruction pour confier les instructions aux parquets c'est à dire au Garde des Sceaux c'est à dire...au
pouvoir exécutif. Ce changement fondamental en droit français explique peut-être le retour si prompt de la Garde des Sceaux qui va devoir, à mon avis, faire face à une fronde généralisée
Mais enfin, pourquoi ce projet est il inique? Tout simplement parce qu'il permettra de poursuivre ou de ne pas poursuivre un tel ou un tel uniquement du fait du prince, les enquêtes étant gérées
par les parquets qui répondront aux ordres du parquet général qui répondra aux ordres du Garde des Sceaux qui répondra aux ordres de l'Elysée, de Matignon ou de n'importe qui au sein du pouvoir. On
se doute donc que dans des affaires sensibles mettant en cause des proches du pouvoir, notamment des affaires politico-financières, les parquets enterreront ou mettront bien en dessous de la pile
les dossiers les concernant. C'est d'ailleurs le seul et unique but de cette "réforme" (j'aurais pour ma part préféré une réforme sur la responsabilité des juges promise à l'époque par Nicolas
Sarkozy sur la responsabilité des magistrats mais, faute de grives on prend des merles).
Les cris d'orfraie de la gauche laissent cependant rêveurs, elle qui avait tout fait pour enterrer l'affaire URBA au début des années 90 après avoir fait pis que pendre à l'inspecteur Antoine
Gaudino et après avoir fait dessaisir le juge Thierry Jeanpierre du dossier après sa perquisition au siège d'URBA GRACCO le 7 avril 1991, perquisition qualifiée par le Garde des Sceaux
socialiste de l'époque, Henri Nallet, "d'équipée sauvage" et par son ministre de la justice, Georges Kiejman, de "cambriolage judiciaire".
Sans des juges d'instruction courageux et étanches aux pressions de toutes sortes comme Eva Joly, Thierry Jeanpierre et quelques autres, les affaires URBA, ELF, MNEF et tant d'autres auraient reçu
un enterrement de première classe par les parquets à la demande des autorités en place, c'est pourquoi ce projet représente un véritable déni de justice.
Une fois de plus le pouvoir tente de mettre la main sur la justice pour pouvoir permettre à ses amis les puissants de confondre les verbes "servir" et "se servir". Quant à vous qui roulez à 131
km/h sur une autoroute déserte, préparez vous à subir les foudres cette même justice.
Voilà pourquoi ce projet m'indigne. Quant à vous, je vous laisse juges...
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