Ce n'est pas une surprise, le sinistre Robert Mugabe a été "réélu" président du Zimbabwe, pays qu'il dirige d'une main de fer depuis 1980. Ce n'est pas une surprise puisque , après avoir perdu les
législatives et être arrivé derrière le leader du MDC, Morgan Tsvangirai, à la présidentielle, Mugabe a retardé l'annonce des résultats pour faire bourrer les urnes et envoyer ses milices
terroriser l'opposition. Ainsi Tsvangirai est réfugié depuis plusieurs semaines à l'ambassade des Pays-Bas avec 300 de ses partisans pour éviter d'être lynchés par les sbires du dictateur
zimbabween. Le pire est que Tsvangirai aurait dû être élu au premier tour puisqu'il avait obtenu 50.3% des voix et qu'il se retrouve aujourd'hui à quémander l'asile politique à qui voudra bien le
lui accorder.
Dans cette affaire, les Nations Unies ont été incapables de voter la moindre résolution, l'Afrique du Sud ayant convaincu la Chine et la Russie (deux pays où les élections sont organisées de
manière irréprochable comme chacun le sait) qu'il était urgent de ne rien faire. Pourtant, le Zimbabwe devrait être mis au ban des nations depuis des décennies quand on voit la politique menée pas
son régime depuis l'indépendance. Le régime de Mugabe mène en effet une politique raciste qu'on peut qualifier de véritable apartheid contre les blancs qui sont restés dans le pays après
l'indépendance, indépendance datant de 1980. Nombre d'entre eux, notamment les fermiers, qui avaient fait de la Rhodésie (ancien nom du Zimbabwe) le grenier à blé de l'Afrique ont été expropriés
par la force, les morts se comptant par centaines lors de la "redistribution des terres" (aux amis du régime bien entendu). Rappelons simplement que Mugabe se décrit "marxiste- léniniste-maoïste"
et qu'il trouve amusant d'ajouter à ses titres universitaires le titre de "diplômé en violence" ,ce qui en dit long sur le personnage, qui assumait dès 1982 de manière totalement décontractée que
son régime pratiquait couramment la torture.
Depuis l'indépendance, le Zimbabwe, qui était alors exportateur de produits agricoles, est devenu dépendant de l'aide alimentaire mondiale ce qui n' a pas empêché Mugabe de se rendre à la réunion
de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) à Rome en juin 2008. Voir Mugabe qui a transformé le "grenier à blé de l'Afrique" en pays dans lequel des gens
meurent désormais de faim se rendre à une réunion de l'ONU consacrée à l'alimentation et à l'agriculture montre à quel point l'ONU est vraiment, comme disait le général de Gaulle "un machin".
Enfin, pour montrer à quel point Mugabe est à entourer d'un cordon sanitaire étanche, je terminerai par deux citations de lui.
La première est extraite d'un discours qu'il a tenu au salon du livre de Harare en août 1995, discours dans lequel il s'exprimait sur l'homosexualité: "L'homosexualité dégrade la dignité humaine.
Elle n'est pas naturelle et il ne sera jamais question d'autoriser ces gens à se comporter plus mal que des chiens et des porcs. Si les chiens et les porcs ne la pratiquent pas, pourquoi des êtres
humains devraient-ils la pratiquer? Nous avons notre propre culture et nous devons nous consacrer à nouveau à nos valeurs traditionnelles qui font de nous des êtres humains. On essaye de nous
persuader d'accepter des comportements de sous animaux que nous n'autoriserons jamais ici. Si vous voyez des gens défiler en se déclarant homosexuel ou lesbienne, arrêtez les et livrez les à la
police". Quand on connaît les méthodes de la police de Mugabe on est légitimement en droit de se faire du souci pour elles!
La seconde est extraite d'un discours tenu aux obsèques d'un de ses ministres en mars 2003 dans lequel il déclarait: " Ce Hitler avait un seul objectif: la justice pour son peuple, la souveraineté
pour son peuple, la reconnaissance de l'indépendance de son peuple et ses droits sur ses ressources.Si c'est cela Hitler, laissez moi être le décuple de Hitler".
On comprend mieux pourquoi, alors qu'il avait perdu les élections, Mugabe a déclaré que "seul Dieu pouvait lui enlever le pouvoir"'.
On comprend moins bien pourquoi ce tyran n'est pas mis au ban des nations car, ses actes et ses propos le prouvent, Robert Mugabe est totalement infréquentable.