Mercredi 29 octobre 2008

PRENDRE SES REVES POUR DES REALITES

Coluche avait définitivement raison: les politiques sont de grands comiques. Comprise, par qui peut, l'immatriculation au choix du client, nous voici maintenant avec un morceau de choix: la dernière déclaration de Ségolène Royal.

Oui, on l'avait un peu oubliée depuis quelques temps mais, le congrès de Reims approchant à grands pas, il faut faire parler de soi au Parti Socialiste pour se faire une image de premier secrétaire. Et, les projets de Bertrand Delanoe, Martine Aubry et Ségolène Royal étant les copies conformes les uns des autres, il faut bien se différencier de la seule manière qui existe et qui se résume en une phrase: Plus anti-Sarkozy que moi, tu meurs. Je profite de ce passage pour rappeler que la seule motion qui vaille est la motion de Benoit Hamon dont le score nous dira si le PS est encore un parti de gauche et, surtout, s'il a une chance de faire autre chose que de la figuration lors des prochaines élections nationales, les élections locales étant du pain béni pour le PS qui, comme le dit Michel Charasse, surclasse tous les autres partis en ce qui concerne l'entretien des trottoirs.

Ainsi donc, dans cette course à l'échalote anti-Sarkozy, Ségolène Royal a voulu frapper fort. Plus fort que Martine Aubry qui déclarait hier  "qu'avec ses mesurettes, le Président ne faisait qu'ajouter de la crise à la crise" ou que Bertrand Delanoe qui déclarait le même jour que "la crise française précède la crise mondiale" .A croire que, pour Martine Aubry, il est urgent de ne rien faire et d'attendre que les choses se passent et que pour Bertrand Delanoe les "subprimes" et les "junkbonds" ont été crées de toute pièce par Nicolas Sarkozy qui, en plongeant la France dans la crise, a entraîné le monde avec. En termes de mauvaise foi, il serait difficile de départager le vainqueur antre Martine Aubry et Bertrand Delanoe sans l'aide de la "photo finish"!

Mais il n y aura pas besoin de photo finish, sauf pour la troisième place, car Ségolène Royal en est allé de sa citation qui laissera la France entière pantoise.En effet, la candidate socialiste à la dernière présidentielle a déclaré aujourd'hui "qu'elle aurait eu les moyens de convaincre Angela Merkel de participer à un plan d'action européen pour faire face à la crise car il y aurait eu (entre elle et la Bundeskanzlerin) un lien de confiance et pas cette condescendance de Nicolas Sarkozy envers la chancelière allemande". Et, pour en remettre une couche, Ségolène Royal a cru bon de proposer "la constitution d'un gouvernement de développement économique franco-allemand qui permettrait de dégager une énergie industrielle dans tous les domaines sur lesquels nous avons une capacité à nous défendre". N'en jetez plus, la coupe est pleine.

Qui peut en effet croire que Ségolène Royal aurait pu convaincre Angela Merkel de quoi que ce soit alors que, les faits l'ont prouvé, Angela Merkel conçoit l'Europe de la manière dont la concevaient les Empereurs du Saint Empire Romain Germanique, c'est à dire que l'Allemagne décide et les autres acquiescent?

Qui peut croire que Ségolène Royal aurait pu convaincre Angela Merkel de la désastreuse politique d'euro fort de la BCE qui a crée nombre de fermetures et de délocalisations?

Qui peut croire que Ségolène Royal aurait pu convaincre Angela Merkel de la nécessité de créer un "gouvernement de développement économique franco-allemand" alors que la même Angela Merkel trouve scandaleuse la création d'un fonds souverain français pour racheter des entreprises françaises sur le point d'être rachetées par des fonds spéculatifs étrangers? Rappelons simplement qu'Angela Merkel, toujours elle, a totalement soutenu la " Loi Volkswagen" qui fait qu'aucun acquéreur étranger, même avec une majorité du capital, ne peut dépasser 20%  des droits de vote au sein du directoire du constructeur automobile allemand ( l'Allemagne est d'ailleurs attaquée pour cette loi auprès des instances européennes)?

En clair, pour Angela Merkel, ce qui vaut pour l'Allemagne ne vaut pas pour la France ni même pour les autres. On imagine l'accord que Ségolène Royal aurait passé avec Angela Merkel vu les circonstances mais, quand on imagine le type d'accord que Ségolène Royal aurait obtenu, cela ne se serait plus appelé "accord" mais "capitulation" ce qui n'est pas, mais pas du tout, la même chose.

Manifestement, Ségolène Royal n'ayant rien de différent à proposer par rapport à ses concurrents désireux de devenir premier secrétaire à la place du premier secrétaire, il ne lui reste plus qu'une chose: Prendre ses rêves pour des réalités.

Philippe DAVID

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Lundi 27 octobre 2008
UN PEU DE COHERENCE

Les fermetures pour des durées plus ou moins longues des usines automobiles de France sont là pour nous rappeler que la crise qui démarre sera longue, dure et que les lendemains qui chantent ne sont pas encore à l'ordre du jour.

Cependant, une chose me chagrine quand je vois les politiques, de quelque bord que ce soit mais surtout chez ceux se réclamant de l'écologie, se plaindre de ces fermetures d'usines. Ne sont ce pas les mêmes personnes qui demandent toujours plus de taxes sur les voitures (malus écologique; taxes sur les carburants etc...) alors que tout le monde sait que les taxes s'empilant aux taxes n'ont pour effet que de décourager l'achat de voitures? Ne sont ce pas les mêmes qui, lorsqu'ils sont élus dans des zones où se trouvent des sites de production, manifestent contre les fermetures le mardi après avoir défilé avec les écolos le week end pour fermer les villes aux voitures?

Un chiffre suffira à prouver la gravité de la situation des usines françaises: 10% de la richesse en France provient de l'industrie automobile et ce n'est pas en fermant des usines qu'on créera de la richesse en France. Oui à des voitures propres, non au matraquage des automobilistes. Et rappelons simplement qu'une usine automobile qui ferme, c'est une usine de pneus, une usine de sièges, une usine de verre, une usine de plastiques, une usine d'acier qui est à son tour mise en danger avec la mise en péril d'autant de milliers d'emplois.

Une fois de plus, un peu de cohérence serait de bon aloi dans les temps difficiles que nous vivons.

Philippe DAVID



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Lundi 20 octobre 2008
PAS LE MOINDRE DOUTE

"La France est veuve" avait déclaré Georges Pompidou à la mort du Général de Gaulle. Aujourd'hui, avec la disparition de Soeur Emmanuelle, c'est l'humanité, et plus particulièrement les plus pauvres parmi l'humanité, qui est orpheline.

Personne n'oubliera cette voix aiguë qui tutoyait tout le monde et qui n'hésitait pas à sortir des dogmes de l'Eglise puisqu'elle était une farouche partisane de la contraception et du mariage des prêtres. Mais il faut dire qu'entre les bidonvilles du Caire et les ors du Vatican, entre le "terrain" et les théories, Soeur Emmanuelle avait pu se rendre compte que l'explosion démographique du tiers monde est la pire catastrophe qui arrive à la planète et, de facto, à l'humanité. Mais on ne va pas demander à la curie romaine, qui est à l'Eglise ce que les énarques sont à la France, de réfléchir aux drames de "l'humanité d'en bas".

J'ai la chance de connaître une personne qui l'a connue et qui m'avait demandé de lui dédicacer mon premier livre écrit il y a six ans. Je lui avais bien évidemment offert après le lui avoir dédicacé et je me souviens que j'avais eu beaucoup de mal à trouver des mots justes et que ma main tremblait en écrivant ma dédicace car j'avais le sentiment d'être tout petit face à une personne de cette envergure. Elle m'avait, après l'avoir lu, fait transmettre le message qu'elle l'avait beaucoup aimé, que j'avais des convictions et que mon analyse était la bonne ce qui, vous vous en doutez, m'avait beaucoup flatté.

Soeur Emmanuelle avait passé une grande partie de sa vie dans la pire pauvreté. C'était une véritable humanitaire, pas de ceux qui partent au bout du monde en jet privé entourés de caméras pour montrer le bien qu'ils font ou de celles qui demandent aux français, y compris les plus humbles, de donner leurs pièces jaunes alors qu'ils ont dépensé 4000 francs par jour de nourriture avec l'argent de ces mêmes français.

Reposez en paix ma Soeur car, si l'Eglise avait été aussi moderne que vous, je ne m'en serai peut être pas autant éloigné. Soyez heureuse au Paradis car, si il existe, vous y êtes déjà. De ça, je n'ai pas le moindre doute.

Philippe DAVID


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Dimanche 19 octobre 2008
UN TRES MAUVAIS FILM

Les nombreux commentaires de l'article "trop c'est trop" et la teneur passionnelle de certains montrent à quel point nombre de français sont attachés au respect des symboles de la France comme l' Hymne ou le Drapeau.

Le sondage de CSA, sondage dans lequel 80% des français se sont déclarés choqués par les sifflets sur "La Marseillaise", montre que des valeurs comme le patriotisme, l'identité nationale, la Nation ne font pas partie du passé, n'en déplaise aux "vétérans" de mai 68 qui pensaient avoir envoyé ces substantifs, qu'ils considèrent encore aujourd'hui comme des gros mots, aux oubliettes.

En effet, ces sifflets ont mis la France devant une réalité que certains se refusaient à voir ou même à évoquer depuis des années sous la pression du politiquement correct: le fiasco de l'intégration à comparer aux succès de l'assimilation et , dans ce domaine, cette semaine aura été cruelle pour la bien pensance.

En effet, outre les sifflets du Stade de France, cette semaine aura vu l'incendie à Montfermeil d'une dizaine de voitures destinées au tournage du prochain film de Luc Besson avec, excusez du peu, John Travolta. Depuis, Luc Besson, envisage d'annuler le tournage à Montfermeil pour le faire sous des cieux plus cléments au nom de la sécurité des employés travaillant sur le tournage (ce qui s'explique facilement).

Cependant, n'étais-ce pas le même Luc Besson qui, dans une interview, déclarait pour commenter des propos de Nicolas Sarkozy: "Racaille, je  n'ai rien entendu d'aussi violent depuis Le Pen".

Aujourd'hui, Luc Besson voit ce dont est capable la "racaille" qui le gêne plus lorsqu'elle brûle les voitures prévues pour tourner un de ses films que quand elle brûle des voitures de smicards ou des bus encore occupés par des voyageurs comme ce fût le cas lors des émeutes de l'automne 2005. Manifestement, l'indignation pour condamner les incendiaires est moins forte que celle pour condamner les propos tenus par Nicolas Sarkozy à l'époque, on a du mal à comprendre pourquoi vu la différence entre un crime (l'incendie volontaire) et un simple délit d'opinion...

De Saint Denis à Montfermeil, la semaine dernière aura été le théatre d'un très mauvais film...

Philippe DAVID





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Mercredi 15 octobre 2008
UN EXEMPLE PARMI TANT D'AUTRES...

Le grand prix de France de Formule 1 devrait déménager de Magny-Cours vers, si les choses se confirment, Marne la Vallée. Il est vrai que le circuit de Magny-Cours est situé au fond de nulle part, que les infrastrucutres routières pour y aller sont saturées pour le grand prix, que les infrastructures hotelières y sont notoirement insuffisantes (mais qui investirait dans un hôtel pour le remplir une semaine dans l'année?) et que ce n'est pas demain la veille qu'il y aura un aéroport international dans la Nièvre ni même une gare TGV.

Ce déménagement prévisible nous met une fois de plus devant un mal typiquement français: le gâchis d'argent public pour la mise en valeur du fief d'un homme politique, de deux hommes politiques dans ce cas.

En effet, le circuit de Magny-Cours a été construit au fin fond de la Nièvre afin de satisfaire le seigneur devenu roi à l'époque, François Mitterrand, et son acolyte devenu ministre, Pierre Beregovoy, tous deux élus de la Nièvre. Les nivernais méritaient bien un grand prix de Formule 1 puisqu'ils avaient élu et réelu depuis des années ces deux hommes qui avaient atteint le haut de la pyramide de l'état.

Le grand prix de France se déroulait auparavant au Castellet, entre Marseille et Toulon ou à Dijon Prénois, à 1h45 de Lyon par autoroute. Les deux sites avaient à proximité de grandes villes, des infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires et hotelières. Pourtant il fût décidé de construire un circuit de Formule 1 au milieu de nulle part pour faire plaisir au Prince peu importe le coût pour le contribuable. Rappelons simplement que le triple champion du monde brésilien Nelson Piquet avait répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur les qualités du circuit après le premier grand prix qui s'y était disputé: "tant d'argent pour ça...c'est de la merde!" . Mais peut-être Nelson Piquet n'avait il pas les connaissances en termes de circuits qu'avaient François Mitterrand ou Pierre Beregovoy...

Le "déménagement" du grand prix de France signerait certainement la mort définitive de Magny Cours auquel cas cela serait encore une fois un exemple du gâchis de l'argent public. Un exemple parmi tant d'autres.

Philippe DAVID


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