ESPRIT DE COMPETITION
Les présidentielles nous l'avaient fait oublier mais l'institut IMD de Lausanne a sorti son classement annuel de la compétitivité économique, classement prenant en compte l'ensemble des paramètres -de la qualité de la formation à l'éfficacité des administrations- d'un pays. Mauvaise nouvelle, mais c'est une habitude dans ce domaine, la France pointe à la 28ème place derrière l'Inde et devant la Corée (du sud évidemment). Cependant on peut parler de "leger mieux", la france occupait en effet la 30ème place l'année dernière...
Le classement comporte 55 pays et la France occupe la dernière place sur 2 points clés: la politique budgetaire et le niveau de cotisations des entrepreneurs. Je passerai outre notre mauvais classement dans des domaines aussi variés que la fléxibilité, l'incitation à retrouver un emploi pour les chômeurs, le nombre d'heures travaillées ou la connaissance des langues étrangères pour m'attarder sur le 2 points où nous sommes lanterne rouge.
Tout se tient en économie. Plus on ponctionne les entreprises, moins elles peuvent investir pour créer, créer pour se développer, se développer pour embaucher. De la même manière plus on ponctionne les particuliers, moins ils peuvent consommer et la baisse de la consommation pèse mécaniquement sur l'emploi. La France cumule aujourd'hui ces deux handicaps: des entreprises surponctionnées ( dernière place du classement dans ce domaine) et des particuliers eux aussi trop ponctionnés. D'où faible créations d'emplois, faibles investissements, faible consommation et faible croissance d'où faible création de richesses.
L'autre paramètre est la gestion budgetaire de la France. Depuis plus de 25 ans la france vit en effet à crédit, sur le dos des générations futures. L'état emprunte aujourd'hui pour finir ses fins de mois, en aucun cas pour investir. Ainsi la dette accumulée depuis un quart de siècle n'atteint pas, comme on nous l'a annoncé, 1500 milliards d'euro mais 2500 milliards d'euro, le premier chiffre pouvant être qualifié de carambouille comptable puisqu'il n'inclut pas les obligations de l'état concernant les engagements sur les retraites des fonctionnaires qu'il faudra bien payer. Il faut inclure dans ces 2500 milliards le retraitement des anciennes centrales nucléaires qui va coûter une fortune.
Là se trouve la quadrature du cercle: comment baisser les prélèvements sur les particuliers et les entreprises pour faire repartir l'activité sans mettre la France dans la situation de l'Argentine en décembre 2001, c'est à dire en faillite? L'équation est il est vrai fort difficile à résoudre.Comment baisser les produits et réduire le déficit alors que les charges sont pour la plupart, comme les salaires des fonctionnaires, incompressibles? La tâche sera très rude pour le gouvernement mais dans tous les cas de figures, et comme l'avait dit Churchill dans les pires moments de l'histoire du XXème siècle, il y aura" du sang et des larmes".
En tout état de cause la France ne peut pas continuer le chemin désastreux pris il y a 26 ans et pour résoudre l'équation précédente, le gouvernement n'aura d'autre solution que de faire en profondeur une réforme de l'état. Comment expliquer que le nombre de fonctionnaires du ministère de l'agriculture est le même aujourd'hui qu'en 1945 alors que le nombre d'agriculteurs a été divisé par 10, que la PAC est gérée à Bruxelles et qu'entre temps l'informatisation a permis des gains de productivité colossaux? Comment expliquer que la France soit le seul pays d 'Europe a avoir 6 échelons administratifs quand les autres pays en ont 4? Comment expliquer que la France avec ses 36000 communes compte plus de mairies que l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Espagne réunis? Quelques questions posées parmi des centaines d'autres et qui éxigeront des réponses d'urgence. La réforme de l'état représente une vraie rupture qui n'aura rien de tranquille, les syndicats étant là pour protéger à tout prix leurs prébendes et certains élus et hauts fonctionnaires tenant également à maintenir les leurs.
Il faudra du courage pour faire cette seule réforme sans parler de toutes les autres. Pour que les autres ne nous regardent plus sur les classements internationaux dans leur rétroviseur, pour rendre à la France la place qui n'aurait jamais dû cesser d'être la sienne, il faudra passer par là. Alors on pourra dire que la France est redevenue compétitive mais pour cela il faudra redonner aux français l'esprit de compétition. Mesdames et Messieurs du gouvernement, la balle est dans votre camp.
http://www.imd.ch/research/publications/wcy/upload/scoreboard.pdf