Mercredi 15 octobre 2008

TROP C'EST TROP

Tout le monde a été révolté par la nouvelle profanation de notre Hymne National hier au soir au Stade de France. Après le France-Algérie de 2001 et le France-Maroc de 2007, le France-Tunisie d'hier soir restera, lui aussi, de sinistre mémoire.

La condamnation a été unanime même si elle ne fût que du bout des lèvres à gauche,Razzye Hamadi, ancien responsable des jeunesse socialistes, ayant déclaré: " Même si la France a eu pendant des années une politique coloniale en Tunisie, même si les Français d'origine tunisienne, et plus largement les Maghrébins ou les Français d'origine maghrébine (...), sont trop souvent victimes de discrimination et de harcèlement policier (...) il n'en demeure pas moins que la République, en dépit de ses promesses non tenues, n'est pas à humilier en sifflant son hymne» tandis que Marie-George Buffet a jugé que " ces sifflets étaient l'expression de gens en souffrance qui ne se sentent pas bien chez nous".

L'aspect "faux-cul" de ces deux "condamnations" qui en fait dédouanent les coupables de ces sifflets au nom de la colonisation dans le premier cas, au nom d'un mal être dans le second montrent une fois de plus que, pour la gauche, siffler "La Marseillaise" est un acte qui, s'il n'est pas légitime est au moins compréhensible.

Cependant, personne ne peut affirmer que ces sifflets sont dûs à un "échec de l'intégration" ou a un micro-climat flottant sur le Stade de France. En effet, l'équipe de France a joué dans ce stade contre le Portugal (match au cours duquel il y avait autant de portugais que de français si ce n'est plus), contre le Cameroun (ancienne colonie française) et contre la Yougoslavie. Pour avoir été dans les gradins du stade lors des deux derniers matches, ni les portugais, ni les camerounais n'avaient sifflé "La Marseillaise" et les hymnes portugais,  camerounais  et yougoslave avaient été parfaitement respectés par le public français. Pourtant les camerounais ont fait aussi partie de l'ex "Empire Français" mais ils ont, eux, respecté notre hymne, tout comme les portugais et les yougoslaves.

Le pire est penser que notre hymne a été sifflé par des gens qui ont certainement eu leurs places gratuitement par le biais des mairies, conseils généraux, conseils régionaux et que ce sont donc les contribuables français qui ont payé pour voir des racailles profaner "La Marseillaise".

En ce qui concerne les réactions de la gauche, elles m'attirent deux commentaires.

J'ai assisté à deux France-Allemagne et Dieu sait si les gens de ma génération ont été marqués par les deux demi finales de 1982 et 1986 au cours desquelles la France fût privée de finale de coupe du monde sous les coups de boutoir teutons avec la complicité des arbitres qui s'appelaient Charles Corver et Pier-Luigi Agnolin. Dieu sait également qu'il y a un contentieux bien plus grand avec les générations précédentes concernant les relations franco-allemandes pourtant personne n'a sifflé l'hymne allemand lors de ces deux matches, n'en déplaise à Razzye Hamadi.

Quant au mal être de certains qui sifflent l'Hymne National mais ne rechignent pas à toucher le RMI, la CMU, les ASSEDIC, les allocations familiales et tutti quanti, s'ils ont un mal être en France, les frontières sont ouvertes, contrairement à celles des pays de l'est que vénérait à l'époque le parti de Mme Buffet. On ne leur tirera pas dessus s'ils veulent partir, contrairement à ce qui arrivait aux allemands de l'est ou aux tchèques, et, comme le disait Nicolas Sarkozy au moment de la présidentielle: "la France, tu l'aimes ou tu la quittes!"

Comme un grand nombre de français ces sifflets à répétition au Stade de France m'ont écoeuré.

Cette fois-ci, trop c'est trop.

Philippe DAVID


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Mardi 14 octobre 2008

CARTE BLANCHE

Il est fabuleux de voir à quel point le même évènement peut faire tirer des conclusions radicalement opposées selon la personne qui le commente. La crise financière de ces dernières semaines a fait ainsi dire à certains que les plans de sauvetage avec de l'argent public marquaient "le grand retour du politique face à l'économique", certains allant jusqu'à dire que le capitalisme financier avait vécu, sa fin étant marquée par cette crise.

Permettez moi de vous dire que ma conclusion des évènements de ces dernières semaines se situe aux antipodes des propos relatés dans le précédent paragraphe. En effet on a , à l'occasion de cette crise, assisté à la prise en otage des états par la finance mondiale afin de faire payer ses délires par les contribuables de l'ensemble des pays ayant dû faire des plans de sauvetage.

Quelle était la marge de manoeuvre des états devant les risques de faillite en série qui auraient ruiné d'un seul coup les déposants, les épargnants, les retraités comptant sur leurs fonds de pension et les entreprises ayant leur argent dans des établissements en faillite? La marge de manoeuvre des états se résumait à une chose: renflouer ou risquer un krach économique et un chaos social en même temps.

Ainsi les deniers publics ont permis de sauver des établissements prestigieux dont la gestion avait été pourtant menée de manière pour le moins légère (achat de titres dont on pouvait facilement déduire qu'ils deviendraient des titres pourris), les managements de ces établissements restant dans leur immense majorité en place et pouvant continuer à profiter sans se gêner des avantages que leur statut leur offre (voir mon article intitulé "le plus grand mépris").

Ainsi, après le plan Paulson à 750 milliards de dollars, les européens ont décidé de montrer leurs biceps en faisant un plan atteignant près de 1700 milliards d'euros regroupant, pour la France, 40 milliards d'euros pour au besoin nationaliser une ou des banques et 320 milliards d'euros pour se porter caution des banques qui prèteraient de l'argent à leurs consoeurs. Pour ceux qui ont un peu de mémoire, on nous disait il y a quelques mois qu'il était impossible de trouver 3 milliards d'euros pour construire un second porte-avions et on nous annonce aujourd'hui qu'on peut sortir du chapeau l'équivalent de 13 porte-avions pour aider les banquiers en difficulté...comprenne qui pourra!

Ces sommes prises dans les poches du contribuable pour renflouer des entreprises privées par des états pris en otages par les conséquences d'une non intervention et les engagements colossaux en tant que caution dont certains n'hésiteront certainement pas à se servir ( à tous les sens du terme) rendent le contribuable que je suis particulièrement inquiet des dérives auxquelles on risque d'assister. Si notre argent doit servir à cautionner des séminaires à la AIG, des repas à la Fortis ou des conditions de travail comme celles de l'éphémère PDG de Washington Mutual, nous avons du souci à nous faire.

La finance mondiale a compris aujourd'hui qu'elle pouvait faire n'importe quoi, n'importe où, n'importe quand et dans n'importe quelles conditions, les états et leurs contribuables seront toujours là pour combler les trous.

En bon français on peut appeler ça "avoir carte blanche".

Philippe DAVID



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Lundi 13 octobre 2008

LA MEMOIRE COURTE

La nouvelle à laquelle on pouvait s'attendre est tombée hier: La terroriste italienne Marina Petrella pourra rester en France, malgré sa demande d'extradition par l'Italie où elle a été condamnée à la réclusion à perpétuité pour le meurtre d'un policier.

Je m'étais déjà exprimé sur ce sujet le 6 août dernier dans un billet intitulé "totalement incompréhensible" mais la confirmation de cette absolution me laisse pantois. On peut bel et bien parler d'absolution, Marina Petrella n'ayant  été incarcérée que 4 ans malgré la gravité de ses crimes, la France lui garantissant l'impunité jusqu'à la fin de ses jours. La moindre des choses eût été qu'elle purge sa peine en Italie, pays dans lequel des familles de victimes attendent toujours que Petrella paie sa dette envers la société. Rappelons simplement que l'Italie est un pays démocratique et un état de droit qui n' a pas de leçons à recevoir de la France.

Cependant, le pire est la manière dont les choses se sont passées. On a appris hier, suite à un communiqué de l'Elysée (on serait tenté d'écrire du Château), que Marina Petrella ne serait pas extradée. Pourtant, intéressée était informée dès mercredi dernier de sa non extradition par Carla Bruni-Sarkozy et sa soeur, la réalisatrice Valeria Bruni-Tedeschi. Il est surprenant de voir que désormais, en France, les terroristes en voie d'extradition apprennent des décisions les concernant ni par des juges ni par des policiers mais par la femme et la belle soeur du président en exercice mais peut-être sommes nous passés de l'état de droit à la monarchie absolue sans nous en rendre compte...

Mon ami blogueur Patrick Crasnier était en Italie ce weekend et m'a raconté l'indignation justifiée des italiens. Que dirions nous si Carlos ou des membres d'Action Directe se "la coulaient douce" en Italie? Nous serions indignés, à juste titre.

Rappelons simplement pour terminer ce billet que c'est pour avoir fui la menace des Brigades Rouges que la famille Bruni est en France depuis une trentaine d'années. Il est donc bizarre de voir aujourd'hui la compassion de deux membres de cette famille pour ces assassins comme il est surprenant de voir Nicolas Sarkozy, qui répétait pendant sa campagne présidentielle qu'il penserait aux victimes avant de penser aux coupables, prendre une telle décision. 

Manifestement, certains ont la mémoire courte.

Philippe DAVID





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Samedi 11 octobre 2008
LE PLUS GRAND MEPRIS

Les dernières semaines ont vu les USA et certains pays européens obligés, afin d'éviter plus de faillites, de nationaliser de grandes banques et de grandes compagnies d'assurance. Le gouvernement britannique a, mercredi dernier, donné une ligne de crédit de 260 milliards d'euros afin de sauver ses plus grandes banques de la banqueroute (Abbey, Barclays, Lloyds TSB, HSBC, HBOS, Nationwide, RBS et Standard Chartered) sous les applaudissements des conservateurs britanniques qui ont dû oublier leur héritage Thatcherien.

Cependant, l'euphorie ambiante devant les plans de sauvetage de sociétés privées à coups de milliards d'argent public me laissent sceptique. Les résultats des différentes bourses du monde montrent d'ailleurs que je ne dois pas être le seul dans ce cas. En effet, comment justifier que les contribuables doivent aider, en créant de la dette que nos enfants et petits enfants devront payer, des gens qui nous disaient il y  a peu que l'état n'avait plus à s'occuper d'économie? Les tenanciers du "capitalisme financier" étaient en effet les premiers à s'indigner de toute intrusion étatique en économie. Et, après tout, n'est on pas en droit de demander des comptes à des gens dont les entreprises qu'ils dirigent (mais qu'ils n'ont jamais crées) sont sauvées par notre argent alors que ces mêmes personnes ont fait n'importe quoi depuis des années avec l'argent que leurs clients leur avait confié ( d'où la situation actuelle)? Bien sûr que oui.

Pourtant " ces gens là", pour citer Brel dont on célèbre les trente ans de la disparition, ne semblent pas avoir compris que leur passé et leur passif à la tête de ces entreprises les obligeraient aujourd'hui à des comportements plus modestes et à un changement culture radical ce qui n'est pas le cas ni d'un côté de l'atlantique ni de l'autre comme le prouvent les évènements suivants.

Aux USA, les dirigeants d'AIG se sont offert un séminaire d'une semaine en Californie pour la somme modique de...424 000 dollars.

En Europe, les dirigeants de Fortis, banque belgo-néerlandaise nationalisée suite à sa faillite avant de passer sous le giron de BNP Paribas se sont offert un déjeuner à Monaco chez le néo monégasque Alain Ducasse pour la modique somme de 150000 euros (frais de déplacement sur la Côte d'azur non compris).

Mais le meilleur est à venir avec la rémunération de Alan Fishman qui, pour diriger Washington Mutual entre le 8 septembre et le 26 septembre, jour de sa faillite a perçu....19,1 millions de dollars!  Oui, vous avez bien lu, la somme se répartissant comme suit: Un golden hello de 7.5 millions de dollars le 8 septembre, jour de son arrivée, un golden parachute de 6.15 millions de dollars le 26, jour de la faillite de la banque, la différence de 6 millions de dollars étant représentée par son salaire, ses bonus et ses stock-options (qui ne valent plus grand chose aujourd'hui). Qui peut penser que ceux qui ont accordé un golden hello aussi pharaonique avec l'argent des déposants d'une entreprise en difficulté sont des gens honnêtes? Personne de censé.

Ces trois exemples pris au hasard montrent que les comportements de ceux qui ont mené le monde dans la crise dans laquelle il se trouve n'ont pas changé. J'espère simplement que dans les cas où le contribuable français a mis la main à la poche de tels comportements n'auront pas lieu. Ces gens là ne méritent qu'une chose en se comportant ainsi dans la période que nous traversons: Le plus grand mépris.

Philippe DAVID



http://fr.wikipedia.org/wiki/Leveraged_buyout
http://www.journaldunet.com/management/dossiers/0612166-levee-fonds/transmission-lbo.shtml

Pour ceux qui voudraient plus d'infos sur les LBO suite à mon précédent article, voici deux liens ( clin d'oeil à Kéline).
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Mardi 7 octobre 2008
LE PIRE EST PEUT-ETRE A VENIR

Le cataclysme qui frappe la finance mondiale depuis plusieurs semaines était prévisible: on ne pouvait pas imaginer qu'une bulle spéculative concentrée sur l'immobilier puisse durer éternellement. La bulle spéculative de l'immobilier a donc éclaté comme avait éclaté avant elle la bulle internet.

Tout a été fait depuis plusieurs semaines pour "remonter le moral" des marchés financiers avec le plan Paulson aux USA et la réunion du "G4" en Europe pourtant toutes les bourses du monde restent dans le rouge. Paris a baissé de près de 10% hier tandis que New-York a perdu 5% aujourd'hui. Comment expliquer une telle crise de confiance alors que le trésor américain a signé un chèque en blanc de 750 milliards de dollars et que les gouvernements européens ont garanti aux déposants que l'état les couvrait pour le moindre euro qui serait perdu en cas de faillite d'une banque?

L'absence de retour de confiance a une explication très rationnelle: les marchés n'aiment pas l'incertitude et la situation des USA est bien pire que ce qu'on imagine de ce côté de l'atlantique.

Quelques chiffres pour donner une image de la situation:La dette de l'état fédéral atteignait 80% du PIB avant le plan Paulson, elle ne tardera pas a représenter 100% du PIB avec le plan Paulson; la dette des ménages américains atteint près de 110% du PIB, les ménages américains ayant aujourd'hui un taux d'épargne négatif de 0.4%!; la dette des entreprises américaines atteint près de 210% du PIB, les trois géants de l'automobile, GM,Ford et Chrysler cumulant à eux trois près de 500 milliards de dollars de dettes! Comment espérer redresser un secteur bancaire aux abois quand, outre l'état, les particuliers et les entreprises vivent à crédit et n'ont donc pas les fonds pour renflouer ce  même secteur bancaire? Vu la situation il n y a pas de solution miracle.

De plus, les conséquences de cette première crise risquent d'être plus graves que prévu, une crise invisible pour le grand public étant certainement en train de se préparer: la crise des LBO.

Les LBO (en anglais Leveraged Buy-Out - rachat par effet de levier) ont en effet permis à des gens de racheter des entreprises sans les payer comme des particuliers avaient acheté des maisons sans les payer avec les subprimes. En fait, les LBO sont la copie quasi conforme des subprimes mais au niveau du rachat d'entreprises. Ce système permet de racheter une entreprise en amenant 50% du montant environ pour rembourser la suite avec les dividendes que la société est censée redistribuer. Les LBO ont donc besoin d'une forte rentabilité à court terme pour que les actionnaires puissent faire face aux échéances de remboursement mais le ralentissement économique actuel va faire baisser mécaniquement les profits des entreprises, donc les dividendes, donc va créer un problème de remboursement de ces LBO exactement comme ce fût le cas pour les ménages étranglés par la hausse des taux des subprimes!

Ce risque majeur pour l'économie mondiale, qu'on pourrait comparer à la réplique d'un séisme, est patent puisque les banques américaines refusent désormais de les financer pour la bonne et simple raison qu'elles en possèdent au moins 300 milliards de dollars qui ont été camouflés dans des produits financiers destinés à devenir des titres pourris (junk bonds), exactement comme les subprimes! Il va de soi que des banques ailleurs dans le monde possèdent ce type de produits financiers et il ne serait pas étonnant qu'on en entende parler d'ici peu de temps auquel cas le krach de 1929 ressemblerait à l'explosion d'un pétard face à la bombe d'Hiroshima.

Malheureusement, le pire est peut-être à venir.

Philippe DAVID

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